2025

L'année 2025 est passée — et même bien passée — au moment ou j'écris ces lignes.

C'était une année remplie de plein de choses, certaines faciles et d'autres plus difficiles. Dans l'ensemble j'ai l'impression que j'ai passé beaucoup de temps à éponger et comprendre, pour pouvoir relever la tête en 2026.

Pour m'aider à prendre du recul, j'ai demandé en fin d'année dernière à Thomas de me poser des questions auxquelles il aimerait bien que je réponde. J'aime bien le soin qu'il prends à choisir ses questions, et cet exercice est aussi un moyen de faire du lien entre nos différentes notes hebdo et bilans annuels.

Pour commencer, comment ça va, en cette fin d'année ?

Au moment où j'écris ces lignes (en Décembre 25) je suis content d'être en vacances. Je m'apprête à rencontrer ma petit nièce Danoise, ce qui me donne un peu de baume au cœur. La neige à recouvert les routes, les toits, et à forcé tout le monde à ralentir pour quelques heures-jours, et je suis assez content de l'effet que ça me fait. J'ai l'impression de retrouver un peu de la poésie qui me manquait ces derniers mois.

Le mois de Novembre était bien rempli niveau boulot,, peut être un peu trop intense d'ailleurs. Une pression que je me mets moi même et qui correspond avec une manière de fonctionner que j'apprends à apprivoiser et à changer.

Par dessus ça, la situation professionnelle m'interroge beaucoup ces derniers temps. Je pense à l'arrivée de l'intelligence artificielle, qui boulverse nos métiers avec ses intérrogations impossibles : est-ce que je dois prendre ce train ? Quel train ? Est-ce qu'il y a toujours de la place pour fabriquer des outils de manière artisanale ? Ça devient quoi mon métier ?

Je renoue avec ce qui me permet de me donner du doux : méditation, musique, chantournage.

Est-ce que tu as eu des commits préférés ? Sur quoi ? Pourquoi ?

On s'est vu avec Yohan en Avril 25 pour terminer l'ajout de fonctionalités de collaboration temps-réel sur uMap.

Il y a eu un petit moment magique, où on s'est rendu compte qu'il serait assez simple d'implémenter une pile d'annulation undo/redo, qui était une fonctionalité existante mais un peu bancale jusqu'ici.

J'ai apprécié le travail qu'on a pu faire ensemble a ce moment là, quelques lignes à ajouter et "hop", une fonctionalité qui marche. Un fruit qui pendait assez bas pour qu'on puisse le ceuillir et s'en delecter !

Un autre moment que j'ai apprécié à été le moment ou, suite à une discussion avec Alex, on a trouvé une solution élégante pour décider quoi faire durant les mises à jour de Dangerzone.

J'aime beaucoup cette solution parce que le code résultant est assez simple et facile à comprendre, alors que le problème avait un nombre assez impressionnant de paramêtres, qui nous faisait bugger tous les deux.

Dans les deux cas, ce sont des moments passés à réfléchir ensemble, en chair et en os. Notable alors que la plupart de nos interactions sont à distance sinon.

Une sélection musicale qui t'a porté pendant tes journées de travail ?

Je reste un grand fan de Jon Hopkins pour travailler. Cette année il a été rejoint par le groupe Tuba Skinny et ma nouvelle passionaddiction pour la musique New Orleans, plus spécifiquement la musique des busking bands.

En parallèle, l'arrivée d'une radio dans mon bureau est une avancée incroyable en terme de concentration et de petites joies que ça me procure. Bien souvent je mets FIP, et ça me va très bien.

Comment est-ce que tu as géré ton argent cette année ? En terme de trésorerie, d'anticipation de contrats, de rémunération ?

Cette année l'idée était d'optimiser un peu au niveau trésorerie, dans l'idée d'acheter mon logement. J'étais en statut Auto-Entrepreneur et… j'ai fait beaucoup d'heures.

Au début de l'été, on m'a proposé de travailler sur Pytition pour les Amis de la Terre, un chouette projet mais qui clairement ne rentrait pas dans mon planning : En 2024, j'avais travaillé en parallèle sur uMap (2j/semaine) et sur Dangerzone (30h/semaine), ce qui était clairement trop intense pour moi, et je n'avais pas envie de remettre ça, et j'ai donc refusé.

J'étais à la fois content de m'écouter et déçu de ne pas pouvoir travailler la dessus. Rétrospéctivement, ça aurait clairement fait trop.

En prenant un peu de recul, je me rends compte que j'ai la chance de pouvoir m'organiser un peu comme je veux en travaillant pour la Freedom of the Press Foundation, et ce confort fait que je n'ai pas trop à me poser la question de l'anticipation de ce qui suit. Je suis dans une posture qui me permet de saisir les opportunités quand elles se présentent.

Quel a été ton rythme de travail idéal en 2025 ? À la journée, à la semaine ? Est-ce que c'est soutenable dans le temps ?

Je crois que ce que j'ai préféré, c'est d'accepter de partir du travail plus tôt. Pas facile quand on travaille avec une équipe en horaires décalés, mais c'est clairement un bon moyen d'avoir envie de revenir continuer ce sur quoi j'étais la veille.

Dans mon expérience, il faut trouver l'équilibre entre travailler trop (et avoir les idées embrouillées), et travailler trop peu, ce qui demande plus de temps pour se synchroniser avec les collègues.

En ce moment je travaille 4j/semaine, pour environ 30h hebdo en moyenne. Peut-être que c'est un poil trop en terme de remplissage des journées, d'autant qu'il faut rajouter les temps de facturation, etc.

Un des points intéressant sur cette séparation, c'est le fait de chercher à éviter les situations ou je travaille et je suis en vacances en même temps. C'est possible et tentant, mais en pratique je trouve que ça génére des situations ou je ne suis ni vraiment au travail, ni vraiment off.

Je pense avec nostalgie à l'époque ou je travaillais 3j/semaine, me laissant beaucoup de temps libre pour faire d'autres choses, dont du travail militant. Quelque part, j'aimerais revenir à ça, mais je suis ô combien consient que c'est un luxe qu'il faut pouvoir s'offrir.

Des apprentissages que tu aurais envie de partager ?

Je crois que mon apprentissage 2025, c'était de savoir partir, ou peut être l'apprentissage que je ne sais pas partir, que c'est une compétence qu'il faut apprendre à développer.

Savoir regarder quand les choses ne vont pas, s'aligner avec ses ressentis, et — plutôt que de s'y conformer — considérer réellement l'option de partir.

La fin de quelque chose, c'est le début d'autre chose.

Mais, bien sur, c'est pas aussi simple que ça. Il y a le savoir et le faire. Et il y a le courage que ça prends de laisser des choses derrière soi.

Et aussi, un petit poème écrit au milieu de l'année 2025, qui parle de la compétition, chez soi et chez les autres, et de comment réussir à la déposer pour aller fouiller d'autres endroits.

Quels seraient les conseils que tu donnerais à ton toi du 1er janvier 2025 si tu avais l'occasion de lui parler ?

Haha, je crois que ce serait de réussir à faire moins d'ordinateur, et plus de choses à l'éxterieur :-) Peut-être même des trucs plus drastiques comme le fait de carrément ne plus avoir de smartphone, ou de ne pas avoir d'ordinateur à la maison, en dehors du travail.

Bref: de prendre au sérieux ces problématiques d'addiction à l'écran. Mais je crois que je donnerais ce conseil pour éviter d'avoir à m'y confronter moi, donc pas sur que ce soit de la sagesse partagée.

En guise de conseil, aller voir les personnes à qui je tiens, et passer plus de temps avec elles. Pas que je ne le fasse pas, mais je crois qu'il faut toujours remettre ça au premier plan, c'est un réel décalage à opérer. Et aussi, simplement être soi même.

Qu'est-ce qui t'a fait du bien dans l'année ? Au travail ? En dehors ?

Les amis, la musique, les ballades. Au travail: le fait de voir mes collègues, avec qui on ne se voit jamais de par la nature du travail et le fait qu'on soit sur des zones de temps différentes.

Voir les gens, échanger sur autre chose que le travail, et sans écran interposé change concrêtement la manière de considérer la relation.

En dehors du travail, les projets musicaux me donnent beaucoup d'espace d'expression et de rencontre, sans passer par des mots et sans intellectualiser. Ça fait vraiment du bien !

Quel sera/quels seront tes statuts pour 2026 ? Un retour en SCOP peut-être ?

L'objectif de 2026 est de régler la problématique du logement pour moi, et donc le statut de mon activitée n'est pas encore une priorité. J'aimerais vraiment retrouver une coopérative, ou une CAE, mais pour le moment je n'ai pas réussi à rencontrer la structure ou je me sentirais bien.

Il y avait le temps nécessaire pour soigner les démons du passé (CHECK) et il y a mes attentes sur une telle structure, en terme de partage de la gouvernance, de ce que ça signifie « coopérer » pour moi, etc.

Il faut qu'un ensemble de facteurs soient réunis: des gens avec qui je me vois collaborer, un projet politique qui me convient et des coûts qui me permettent de concrétement baisser ma charge horaire. Je me dis que je le saurais quand j'aurais rencontré les bonnes personnes !

La situation « en attendant » est loin d'être problématique pour moi. Se pose simplement la question des endroits où coopérer autour de mon métier, en dehors du statut de mon activité pro.

Avec les LLM qui prennent de plus en plus de place et qui bouchent un peu l'horizon des prochaines années en tant que developpeur, j'avoue que j'ai du mal à me projeter, et j'ai bien envie de développer d'autres activités en parallèle (formation autour des questions de sécurité numérique pour les journalistes et militant⋅es, médiation et aide sur les questions de gouvernance…).

Published on 2026-09-10 - In Journal